Encore quelques jours...

Publié le par La Mère Quelconque

Encore quelques jours...


Elle arrive doucement, et toujours un peu trop vite. Elle ajoute des capacités et des découvertes, elle nous prend un peu au dépourvu, j’avoue. Elle se pointe même un peu comme une invitée pas désirée, arrivant sans crier gare, s’incrustant inexorablement. Elle me frustre comme elle me fascine, elle me bloque autant qu’elle m’ouvre des portes, je sais ce qui va suivre sans vraiment le savoir, j’appréhende autant que je savoure…
Dans 4 jours, 4 minuscules petits jours, elle sera là. Il va falloir la fêter, un peu comme si j’étais vraiment contente. Mais en fait, j’ai un peu mal au cœur. Je sais que ça sonne le glas d’une époque.
On en a rediscuté, je m’en suis excusée, il a compris. J’ai argumenté, lui aussi, parce qu’après tout, je ne suis pas là pour le frustrer et que je voulais qu’il comprenne. Il est d’accord avec moi, il est adorable. Il ne se frustre pas, il sait que j’ai atteint ma limite.
Donc la voilà. Sournoise et mesquine, frustrant toujours un peu plus ma belette.
Sa deuxième année.
Elle, elle ne comprend pas encore trop pourquoi il y a des nons qui tombent comme des couperets parce que brancher soi-même l’aspi, ça craint, manger la téléco, ça ne se fait pas, la pâte fimo, c’est pas génial, jouer à Jacouille en allumant et éteignant les lampes à l’infini, ça nous gonfle et pousser des petits cris (ok, de gros cris) stridents pour obtenir quelque chose, c’est has been quand on a deuzans.
Cette fameuse deuxième année qui annonce le sevrage, la possible propreté, les envies d’indépendance, les besoins de se rassurer qu’on est encore un tout petit bébé et en même temps les besoins de montrer qu’on a grandi et qu’on met ses chaussures soi même…

Il faut toujours qu’elle arrive, c’est obligé, et ça m’énerve, parce que dans quelques temps, on va passer vraiment dans l’ère des apprentissages purs, et que des fois, c’est épuisant.
Enfin, de toutes façons, ça l’est déjà, et quiconque n’a pas vécu les deuzans une première fois ne peut pas se permettre de donner son avis éclairé et bien pensant.
Alors oui, chaque enfant est différent. Je le sais, je l’ai vécu, entre un Faustin calme, placide, arrangeant, émotif et un Gabriel volcanique, énergique, défiant, émotif…
Oui, j’ai écrit deux fois émotif. Parce que c’est leur point commun. Pas dans la façon de l’exprimer, mais c’était la même émotion. Et Mathilde est dans ce mood là déjà, les émotions exacerbées.
Comme ses frères.
Le sevrage de Gabriel est arrivé vers deuzans. Pour Faustin, à peine plus tard. Alors je sens que c’est bientôt la fin, même si j’ai une petite poulette accroc… Un jour, elle ne sera plus accroc. Elle va apprendre d’autres choses, pour se rassurer, pour câliner, pour avancer.
J’ai peur mais j’ai pas peur, je sais que c’est un passage obligé, et j’ai pas vraiment envie de laisser mon bébé grandir…
La voir courir avec d’autres enfants pourtant, c’était génial. La voir s’émerveiller d’une abeille, c’est magique. Regarder ses yeux analyser une phrase, voir ses gestes de plus en plus précis, comprendre ce qu’elle dit (uniquement par geste LOL Mathilde ne parle pas XD) et se marrer de ses blagues, c’est un bonbon tout doux. Alors oui, c’est compliqué, je suis fatiguée et un bébé tout petit qui ne bouge pas beaucoup, c’est cool. Se sentir indispensable à quelqu’un, c’est cool aussi, même si on ne fait plus pipi toute seule pendant quelques mois (le bain pareil, seule, j’oublie.)
Alors oui, j’ai su à quoi m’en tenir dès que je sius tombée enceinte. Oui, des fois, je voudrai faire une pause. Mais en fait, j’aime ça. Vraiment. Beaucoup beaucoup.
Alors oui, je suis triste. Parce que ce sont les derniers deuzans que je fêterai pour mes enfants.
Ça sonne sevrage, ça sonne lit de grande, ça sonne bientôt l’école, ça sonne retour au boulot aussi.
J’ai profité, bien, comme il faut, j’ai apprécié, j’ai oublié beaucoup aussi (merci l’hémorragie…) de ses 6 premiers mois. Mais bon. Il faut bien y passer.
On va les accueillir comme il se doit va.
Bientôt, dans une poignée d’heures, on les fêtera joyeusement. Ptêtre même que je pleurerai.
Pour beaucoup, ça n’a pas beaucoup de sens. Ça ne leur fait pas grand-chose. Ce n’est pas grand-chose. Être présent ou pas, partager ce moment ou pas. Pour moi, ça veut dire que mon bébé passe un cap. Ça veut dire que je passe un cap. J’avance avec elle, je grandis avec eux.
Dans quelques heures, quelques petits jours, Mathilde aura deux ans, et ça veut dire que pour moi, les bébés, c’est fini.
Le deuil d’une période pour l’avènement d’une autre…
Joyeux joyeux deuzans, ma toute petite fille.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article