Nuage.

Publié le par La Mère Quelconque

Nuage.

Je ne sais pas. Je n’y arrive pas. La solution, qui me tend les bras depuis plusieurs années, est ce que c’est bien celle là ? La fuite ? Partir ? Seule ?
Je me dis ‘Après tout, sans moi, ce serait pareil. Sans moi, ce serait sans doute mieux.’ Oui, sans doute. Pas mes humeurs. Pas mes envies curieuses. Pas ma présence qui gâche beaucoup.
Pourtant, je ne réclame pas de bijou. Pas de voyage. Pas de restaurant étoilé. Pas de fringues de créateur. Pas de shoes. Pas de voiture de luxe. Pas de château. Mais c’est quand même toujours trop.
On les pardonne, ces salopes avides, ces poufiasses acerbes, ces connasses cupides, ces emmerdeuses vénales. On les pardonne. Une femme de ménage. Une fille au pair. Du temps. De l’argent. Bien ou mal acquis, on s’en tape. On les pardonne. Quelque chose a du avoir lieu pour qu’elles aiment tout ça et ne peuvent s’en passer.
Moi, je veux des bras autours de moi, des câlins sans raison, des mots doux. De l’aide. De la compréhension. On parle de caprice quand on parle de sushis ? Est-ce que je suis vénale quand je comble un manque avec des nougattis ? On va me pardonner si je prends une femme de ménage ? Si je demande de l’aide ? Et si je m’en allais, est ce qu’on me pardonnerait ? Est-ce qu’on me comprendrait ? Entre l’image, le bordel dans ma tête, dans ma vie, et les envies d’apprendre, de comprendre, de visiter, d’expositions, de peintures, d’art, de photo… Je ne colle à aucune image.
Ni mère modèle, femme au foyer parfaite, ménagère et cuisinière chevronnée, je me plante joyeusement dans l’éducation des petits comme des grands, ni salope profiteuse qui réclame tant et plus en vidant consciencieusement les comptes avec des choses improbables.
Des yeux pour pleurer, une tête à faire peur, et ça réfléchit là dedans, mais je ne ressemble tellement pas à celle que je suis… Je ne suis pas grand-chose au final.
Le nuage est revenu, il ne me manquait pas du tout. Tout est pesant, tout est difficile. Je pense ne pas être pire que les autres et surtout pas meilleure, mais même cet entre deux est gênant, pour tout le monde. Quand je pleure, je ne donne pas envie d’être consolée. Alors je vais laisser passer cette énième crise, en bougonnant, en râlant, en étant infecte. Je n’ai pas l’envie ni la force de me battre là, tout de suite.
Je voudrais pouvoir me planter de route. Je voudrais pouvoir souffler. Pas ici.
C’est au-delà de mon amour pour eux, c’est au-delà du ras le bol, c’est au-delà de l’envie de devenir une de ces nanas qui profitent et qui sont pardonnées. Des fois, je voudrais être quelqu’un d’autre, qui a la chance de ne pas se poser de question. Cette chance immense de ne pas se demander ce que serait le monde sans sa présence.
Allez, on réenfile son masque, et on avance.
Je ne sais pas si je vais y arriver, continuer. Je ne sais pas si je vais savoir supporter.
Je ne sais pas.

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GToch 28/05/2016 16:19

Les nuages tout gros, tout gris et tout moches sont souvent accompagnés de beaucoup de vent !!! Et ils s'en vont voir ailleurs...

Plein de Courage