Je veux et j'exige!

Publié le par La Mère Quelconque

Je veux et j'exige!


Les cheveux en bataille, le regard un peu plus sombre que d'habitude, tu me regardes droit dans les yeux. Tu comprends le non, mais tu fais ce que tu peux pour ne pas l'accepter. Tu montes sur ce qu'il ne faut pas. Tu déchires, tu colories, tu vides ce qui est rempli et tu remplis ce qui est vide, tu tripotes tous les boutons de la téléco, tu mets le son à fond sur la tablette, tu mets tes mains partout où un chat ne mettrait pas sa queue et si ça peut être dans une fermeture de porte, de tiroir, la boite aux lettres, alors tu y vas franco.
Cette période est éreintante, épuisante, assommante... Mais c'est fou comme on oublie vite!
J'ai l'impression que chaque fois que je tourne la tête, elle est en train de faire un truc. Un truc dangereux. Un truc dangereux et qui me fait avoir une crise cardiaque au passage.

On oublie vite, c'est clair et net!
Pourtant, ce terrible-two comme on dit aujourd'hui, la crise d'opposition d'hier, c'est pas nouveau hein... Mais on nous en parle pas assez je crois bien.
Alors si, chez les blogueuses winneuses parfaites, oh lala, bébé fait sa crise, mais vite vite on arrange le coup avec la grande patience de maman qui fait un fabuleux gâteau avec les 3 petites choses qui trainent au frigo (genre le gâteau 12000 étoiles de Michalak) et hop là, il retourne jouer dans sa magnifique chambre à la déco soignée avec quelques kapla qui trainent et un arc en ciel Grimm au milieu.

Moi, dans ma réalité, nan nan, c'est pas ça. Dans ma réalité, mon salon, c'est une zone de guerre. Si on avait eu un arc en ciel Grimm, on aurait retrouvé un arc dans les toilettes, un autre dans le parc et un dernier dans le couloir. Les trois ou quatre restant aurait disparu sous le canapé aka le vortex. Dans ma réalité, la crise, c'est des cris suraigu, une petite fille envahie par toute cette frustration et la difficulté de la ramener à autre chose, même en lui changeant les idées. Parce que lui changer les idées, ça marche 7 minutes. Et encore. Et moi, je m'attrape la tête dans les mains et j'essaie de ne pas m'écrouler, parce que c'est maintenant, après 2 heures de râlage intense, que l'éducation se construit, que la frustration se gère, que le non, elle le digère.

Les dessins, c'est cool aussi. Dans ma réalité, elle m'a redécoré mon mur blanc, à grand coup de craies grasses. Elle fait plein de petits traits trop mignons, direct sur les factures. Elle fait de trop jolis ronds sur les relevés de banque. Magique.

Bon, depuis le réveil, on en est à la 7è crise, 7è fois qu'elle me montre, tout petit corps tendu, toutes petites cordes vocales perçantes en action, que je n'ai rien à exiger d'elle, et certainement pas de ne pas monter sur l'aspi/essayer de le brancher/renverser le gruyère à table/choper un couteau...

Alors j'essaie, entre deux efferalgan et un tandate de me poser, de me calmer et de me rappeler. Que ça ne dure pas. Qu'on nous le dit pas souvent, mais qu'il faut tenir bon. Pas 'tenir' dans le sens 'dresser' coûte que coûte, nan... Tenir juste pour éviter de se dire qu'on est pas de bons parents. C'est pas vrai.

Même si je crie (parfois fort fort, j'avoue) même si des fois, je partirai bien toute seule loin loin, même si des fois, j'ai envie d'arrêter l'allaitement parce que là, à cet instant, je n'ai pas envie qu'elle soulève mon tshirt ou qu'elle geigne 20 minutes parce qu'elle veut téter là tout de suite maintenant immédiatement... Et bien je suis sa mère et je suis ce qu'il lui faut de meilleur. Je suis ce qu'il leur faut àà tous les 3. Quoiqu'on puisse me dire. Je me suis battue pour ça.
Alors les gentilles vieilles qui me font leurs reflexions de brin sur l'opposition et à quel point c'est dur, les moins vielles qui me conseillent d'arrêter d'allaiter si ça ne me convient plus, les nullipares qui savent exactement comment je dois élever mes enfants, vous pouvez me lâcher.
Je ne viens pas juste me plaindre ah ah! Je veux juste DIRE que parfois c'est compliqué. Que je me sens débordée. Que quand je suis dans un down mood (et c'est le cas en ce moment...) pour moi, tout a un poids encore plus lourd et en particulier l'image ultra négative que je renvoie en ne sachant pas gérer une maison.

Je souris, mais je pense 'Fermez là!'. J'ai pas besoin de conseils, j'ai besoin d'écoute, nuance!
Je sens bien que beaucoup de choses m'échappent, mais je ne peux de toutes façons pas tout contrôler...

Alors ouai, je bougonne, je ne suis pas forcément de bonne humeur, je suis parfois abattue aussi, de ne pas savoir faire la mère parfaite.

Mais quand je la regarde m'exprimer ce qu'elle veut ou ne veut pas, me dire avec son petit corps potelé qu'elle veut faire telle ou telle chose, m'expliquer avec ses micro main qu'elle a vu une coccinelle s'envoler (et ça vaut son pesant de cacahuètes, sérieux ^^) ou qu'elle me regarde en dessous en stridulant une plainte continue parce que je lui ai interdit de jeter les elastiques partout dans le salon, je pense que je suis du bon côté de la barrière.

Même si j'ai mal au crâne.
Même si j'ai 17 de tension.
Ouai, de toutes façons, demain est un autre jour; demain, on va apprendre encore plein de choses... Depuis 14 ans j'apprends à être mère, depuis 2 ans, elle apprend à être, tout simplement.

Et puis il y a les rires à la hauteur de ce terrible-two, ça compense largement!

Allez, à demain!

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