Au revoir BdC (1)

Publié le par La Mère Quelconque

Deux heures et demie de route, cette fois ci en passant par l'autoroute, il est toujours grippé et la fièvre menace. Depuis Samedi, c'est un peu la léthargie à la maison, il est en congé depuis vendredi midi et depuis samedi matin, Nico a une fièvre de cheval. Tellement de fièvre que même sans avoir de thermomètre, je sais qu'il est à plus de 40. Tellement de fièvre qu'il est ok pour que je lui fasse couler un bain. Tellement de fièvre qu'on ne le voit plus du tout, il a disparu, couché sous la couette, pour tenter de se réchauffer à cause des frissons. Voilà, le jour de ses vacances, il a gagné la grippe, à cause d'un pépé qui a toussé à côté de lui à Brico-Dépôt. Super, ça promet de folles journées.

Déjà, on part plus tard que prévu, mardi au lieu de lundi. Bon, après, c'est pas du tout le plus grave, je préfèrerai largement qu'il soit sur pied, faut avouer. Les grands sont partis chez leur père pour la semaine, au moins, elle ne fera pas le tour. Mathilde et moi, on se confine. Pas de transmission. OUF.

Donc nous voilà parti. deux heures et demie de route, et ça va, il fait beau. On arrive tard, vers 20h au bois. Dans la maison d'en face, que l'hôtel restaurant en bas du bois a racheté, c'est la fête, ça crie, y a du bruit, des bruits de matériaux, une camionnette pourrave garée où on espérait se poser pour sortir les bagages... 20h quoi. Wow, les gars. Je pense que ça annonce le ton pour les vacances. et ça fait gling gling de binouses, et ça rigole comme des ouf, et j'essaie de garder ma dignité en vidant le coffre sous leurs regards insistant, comme s'ils n'avaient jamais vu personne. Super. Je suis déjà pas bien à l'aise habituellement...
M'enfin, nous voilà arrivés.

En ouvrant la porte, il y a toujours cette première odeur, un mélange de colle et de renfermé, on ne sait pas trop d'où ça vient et à vrai dire, je m'en fiche un peu, ça sent ça, quand on vient au Bois de Cise. Ce mélange d'ancien, de nouveau, le temps est figé, c'est un sentiment bien particulier. Je me dis que je vais faire un feu et j'avais oublié, mais on n'a plus de petit bois... ça attendra. Nico est frigorifié, il fait 14 dans la maison... Allez, on se pose et on allume le chauffage!

En arrivant, j'ai immédiatement remarqué quelque chose que je n'avais encore jamais vu là bas: les jonquilles. Des jonquilles partout, dans le jardin, dans les chemins, sur les parcelles vides. Des feuilles d'ail des ours. Des clochettes bleues aussi. Et des nuées de perce-neiges! Alors le reste attendra, on file se cueillir un bouquet. Des jonquilles, des branches de romarin fleuri, quelques branches de bambou: bonjour bonjour, Bois de Cise enchanteur!

On choisit le vase bleu, et sur la cheminée, on met notre traditionnel bouquet de bienvenue à nous-mêmes: c'est kitch, dans l'ambiance un peu désuète de la maison, j'adore ce flash back.
Mathilde rit, court un peu, tombe dans la pente, comme dans la petite maison dans la prairie, c'est drôle, mignon et de saison. Elle rit tout fort, elle est un peu énervée, elle n'a pas dormi sur la route, puisqu'elle a siesté comme une bienheureuse avant de partir. Dehors, on entend les oiseaux, le soleil commence à disparaitre et à travers les arbres, on entend le vent.

Les ouvriers sont enfin partis.
C'est paisible, c'est calme.

Il faut ranger les courses et puis enfin se laisser poser. J'ouvre la porte de la terrasse, celle qui a du mal à se refermer. On entend juste bruisser les bambous. Ça piaille un peu deci delà, mais pas très fort. Voilà. Moi, je ne connais pas depuis longtemps, mais j'aime.

On est arrivé, malgré la grippe, malgré la route. On va en profiter un peu, avant la fin. Avant le déchirement de la séparation. Avant que ce soit quelqu'un d'autre qui comprenne la valeur de ces instants là. Avant tout bientôt... J'oublie la grippe. J'oublie les ouvriers bruyant. J'oublie que j'ai mal au coeur que les grands ne soient pas là. J'oublie qu'il faut voir si je peux allumer un feu. J'oublie et j'écoute, je regarde, j'essaie de m'imprégner.

Tu vois, je ne t'ai pas oublié, et même si je te connais bien peu, je ne t'oublierai sans doute pas de sitôt.

Bonsoir bonsoir, Bois de Cise.

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malory 13/04/2016 13:18

C'est si triste :(
♥♥♥