Et si on grandissait ensemble?

Publié le par La Mère Quelconque

Et si on grandissait ensemble?



Je découvre les joies d'avoir une petite fille. Et toutes les peurs qui vont avec, aussi. Beaucoup moins que ce que je pensais au final (et heureusement!), je sens que l'emprise maternelle est de moins en moins pesante, je me libère sans doute de ses propres angoisses.

Je brosse ses petits cheveux tous fins, je fais une tresse. Ou deux. Ou une couette. Ou je mets une barrette, un bandeau. Elle chipe un elastique, le passe à son doigt. Caresse mon alliance au passage et me sourit, ça veut dire "comme toi", et ça me fait fondre.

Je sors son parfum, elle pose son index sur le côté de son cou, et en deux petits pshits, la voilà parfumée, des étoiles plein les yeux, et puis elle court, de frère en frère, puis vers papa, pour leur faire sentir comme elle sent booooon.

Enfiler un body devient une bataille, il faut lui laisser passer ses bras, ses petits pieds potelus, ça peut prendre un temps fou, mais dans un sens, le temps, maintenant qu'on l'a passé à l'attendre, on peut le lui laisser, non? Je n'ai pas la patience, j'avoue. Mais bon, allons y gaiement.

J'ai découvert les collants, de toutes les couleurs, de toutes les matières. LE hit de la garde robe. Mathilde a bien entendu ses collants préférés et si je la laisse faire, à coup sûr elle portera la robe que j'ai choisie mais sans aucun doute avec ses collants catimini bariolés. Parce que le rouge, le vert pomme et le bleu foncé, avec une robe caramel à pois crème, ça claque trop bien t'as vu. Je pense qu'elle a un sens tout personnel de la mode, parce qu'elle remettrait bien son manteau à poils verts fluo qui lui remonte maintenant au dessus du nombril et au dessus de ses petits bourrelets aux poignets. Enfin un truc trop petit! Dommage poulette, on doit le ranger ^^

Elle a trouvé dans le bac que je n'ai pas encore rangé de quoi se pavaner fièrement dans la maison, des guirlandes et des boules de noël bien trop tentantes pour une micropoulette de 20 mois accroc aux colliers/bracelets/bagues. Alors régulièrement, au milieu du bronx que cette petite tornade de 75 cm nous met, on retrouve des guirlandes de perles, des boules rouges brillantes, des cheveux d'anges argentés aussi, à l'occasion.

Le choix de la robe me prend à moi aussi un temps infini parce que j'ai découvert joyeusement les robes d'été, de printemps, d'automne et d'hiver. WOW. Ce qui t'ouvre un champs de possibilité à la frontière du réel ah ah! Sans compter les gilets. Les tuniques. Heureusement, ses chaussures lui vont toujours et on en a juste une paire...

Le déshabillage suit un process tout aussi chronophage, entrecoupé de grands éclats de rire. Retirer les shoes, ça, c'est rapide. Les collants, il faut chopper les pieds (petit rire) choper le bout des collants (au bout des petits pieds chatouilleux: gros rire franc) et ensuite, il faut secouer gaiement le tout, pour le plus grand bonheur de la microfillette accrochée au bout.

Il faut aussi faire attention à Bébé. Bébé, il est trop mignon, très souvent sans pyjama, et il a goûté à chaque goûter qu'elle a voulu partager avec lui. Bébé a un spot bien à lui (en fait, c'est LE spot des jouets et autres découvertes): sous l'escalier. C'est presque impressionnant ce qu'elle a su accumuler sous cet escalier! Si on perd quelque chose, le premier endroit à fouiller c'est là. Après, c'est le bronx dans le salon. Le vortex du salon quoi.

Là, elle s'est assise sur papa. Avant qu'il ne se mette un film (parce qu'on est dimanche et que le dimanche, c'est film ^^) elle s'est assise à côté de lui, a gloussé de plaisir et a commencé à se dandiner, de droite à gauche, en mettant ses petits doigts en l'air. Elle ne parle pas, mais t'inquiètes, elle sait se faire comprendre... Mathilde voulait 'juste' sa tablette avec ses clips, pour danser dans son coin, sur les morceaux qu'elle aime en ce moment. Elle a une playlist quoi! Et puis elle se fait son chacha dans son coin, sur sa tablette. Une fois fini, elle la rend. Enfin, des fois ah ah! Je sais le débat, pas de tablette, vilaine mère, vilain père, vilains parents, nous sommes voués aux flammes de l'enfer: économisez votre salive, je m'en fiche ;) Ma poulette et ses clips, ils se kiffent bien. Point barre.

Je découvre aussi avec le terrible two un mode inconnu jusqu'ici, que mes grands n'avaient pas et je suppose que c'est une option féminine, parce que pour le qualifier, j'ai trouvé que ça: le mode Drama-Queen. Les pleurs sont puissance 1000, les mains jointes sur le visage telle une pauvre petite fille victime de la pire injustice que le monde ait porté et pas une larme ne coule, ou alors c'est la fontaine. Donc au choix: soit j'ai eu l'audace d'aller aux toilettes SEULE, soit j'ai eu la traîtrise de vouloir la sortir de ce bain si merveilleux dans lequel elle se vautre joyeusement alors qu'il est à 20 degrés parce qu'elle patouille depuis une heure et demi. La liste est loin d'être exhaustive, le mode Drama-Queen se décline pour beaucoup de choses, et même si c'est pas non plus insurmontable, cette option est une découverte déconcertante quand on ne l'a pas connue avant. Heureusement, on sait gérer cette option toute neuve, enfin, à peu près.

Ma plus grande découverte reste le son de sa voix. Elle ne parle pas beaucoup (ok, pas du tout XD) mais ce tintement, aussi clair qu'une clochette, ces petites notes aiguës, ces modulations aussi mignonnes qu'un chant d'oiseau, j'avoue que je les redécouvre tous les jours, avec plein d'étoiles dans mes yeux à moi.

En fait, je découvre que je n'ai pas peur d'elle, pas peur de ce qu'elle est, pas peur de ce qu'elle aime. Je n'ai pas peur qu'elle grandisse, je n'ai pas peur qu'elle ne soit pas assez forte. Tout ça, ce ne sont pas mes peurs en fait. Je m'en détache pour de vrai.

Elle me parle avec ses yeux, avec ses mains, avec son corps potelé de tout petit enfant, elle me dit clairement qu'elle, elle n'a pas peur du tout.
Elle, elle grandit.
Elle aime sa vie.
Elle nous aime de tout son coeur, avec ses petits bras autours de nos cous, sa petite tête qui se niche sur nos épaules.
Et il faut avouer que grandir avec elle, c'est bon. Comme un bonbon à la violette, comme un caramel mou et comme un after eight.
Elle vit.

Et à en croire comme elle pousse, elle aime ça.

Publié dans Pensées, Mathilde, vie de maman

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