Moi VS moi.

Publié le par La Mère Quelconque

Elle grandit. Elle ne parle toujours pas, mais qu'est ce qu'elle grandit! Ses cheveux ont poussé, ses petites couettes et sa pince lui filent cet air coquin que j'adore, et elle entre enfin dans du 18 mois. Ma petite chipette fait enfin 10 kilos! Les avancées des semaines précédentes sont fulgurantes: elle a 12 dents (au moins...) et commence à courir. Elle mange seule, depuis un moment, mais ça y est, le yaourt, c'est acquis. Elle comprend TOUT ce qu'on lui demande. J'adore ce moment où on voit dans ses yeux qu'elle comprend, c'est juste magique! Elle a commencé depuis quelques jours à demander des choses, comme les clips, une feuille et un stylo, la tétée, à ce que je pose quelque chose dans son assiette, en tapotant son petit doigt à l'endroit voulu. Elle est trop marrante! Elle est aussi très très TRES curieuse. Une vraie commère! Et vas y que je vais à la porte, que je ramasse le courrier, que je vais voir qui sonne, que je regarde à la fenêtre quand il y a du bruit... Et elle devient coquette aussi, comme je ne l'ai jamais été ah ah! Elle met son petit parfum, se recoiffe souvent, tout devient collier/bracelet... Une vraie nana! C'est la petite poulette qui manquait à ma vie, elle éclaire tout, c'est dingue.

En ce moment, avec le temps qui part en n'importe quoi, les réflexions que j'entends et celles que l'on me rapporte, j'ai envie de rester chez moi, de ne pas bouger, comme à chaque fois que je me sens mal à l'aise. Je n'ai plus envie de faire quoi que ce soit, plus envie d'avancer, je voudrai faire pause et partir quelques semaines. Quand j'étais plus jeune, ça se traduisait par l'envie d'acheter un billet de train et partir. Je ne l'ai pas fait, mais j'avais l'envie. Et bien cette envie est revenue. Prendre un billet de train pour je ne sais pas où et partir, me couper de l'ambiance délétère qui me bouffe dans un microcosme qui me bouffe. Juste une coupure, quelque chose qui me permette de me ressourcer. Et en fait le fait de vivre avec une bébée aussi cool, qui éclot comme une fleur, qui sourit, qui râle, qui s'épanouit à la vitesse de la lumière, me donne aussi envie de rester là, de la laisser apprécier son environnement, ses frères, son père. Je ne peux pas la priver de tout ça, même pour quelques jours égoïstes! Ses frères qui ont envie de plus de proximité, de câlins à 5, d'entendre ma fierté, de me voir m'investir socialement me font comprendre que je suis importante là, avec eux.
En même temps, ça m'arrive un peu tous les ans à la même époque, je sais pertinemment que ça va revenir, des années j'arrive à passer au dessus, et des années, non. Cette année, c'est non. J'ai beau m'investir dans plein de projets pour ne pas me renfermer complètement, je ne me sens pas à ma place pour autant, et je me dis que je devrai arrêter de penser comme un bisounours. Et plus je m'investis, plus j'ai envie de couper les ponts qui me relient à la société. Moins j'ai envie de voir les gens, parce que je sais que certains interpréteront mal ce que je fais. Et c'est ça qui me bouffe. Pourtant j'assume tout ce que je fais, c'est ça le pire... Mais est ce que je suis trop idéaliste?
Allez, on arrête l'introspection pour aujourd'hui. La confiance en moi me fait cruellement défaut depuis quelques temps et ça profite aux mauvaises idées, c'est con.
Je la regarde passer du salon à la salle à manger et à la cuisine en chantant. Je les revois se faire des bisous tous les 3 en se disant 'A demain!' avec sa petite main qui caresse leurs visages et son petit regard qui dit 'Je sais que tu reviens demain, et je t'attendrai mon frère!' avec un sourire. Je vois ses petits pieds plats faire plic plic plic sur le carrelage. Ses cheveux plein d’électricité statique se balancer en contre jour. J'entends son roucoulement joyeux.
Est elle heureuse? Sont ils heureux? Je pense que c'est tout ce qui compte en fait.
Il n'y a pas vraiment de choses plus importantes. Je crois que je me trompe de route des fois, pour moi. Mais pas pour eux.
Ils sont heureux, je crois. Alors il faut que je me raccroche à ça et à ce que ça représente pour moi. Après tout, il faut que j'avance, si ce n'est pas pour moi, il faut que ce soit pour eux. Je vais freiner ce qui n'est pas nécessaire, et me concentrer sur nous. Ce nous, celui qui vaut quelque chose, celui qui fait qu'on a envie d'avancer et d'évoluer. Nous. Voilà l'essentiel.
Demain est un autre jour.

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soso59160 01/12/2015 06:38

c'est assez marrant je me reconnais un peu dans ce que tu dis, le monde avance mais j'ai l'impression que moi non, j'ai pas envie....
moi aussi je vis dans un monde tout rose et violette alors la chute quand elle arrive est plutôt violente malheureusement...
mais en même temps, il ne faut pas changer!!! ne serait-ce que pour les enfants, leur montrer que tout n'est pas noir, qu'il y a aussi du bon dans ce monde de fou....

La Mère Quelconque 01/12/2015 09:48

Oui c'est vrai... Mais c'est tellement chiant quand ce qu'on fait est compris de travers... Allez je file, ma licorne m'attends XD