De battre, mon coeur s'est arrêté...

Publié le par La Mère Quelconque

De battre, mon coeur s'est arrêté...

Les derniers 15 jours ont été une suite d'ascenseurs émotionnels dont je me serait bien passée! Ma tension qui fait des siennes, le temps qui se fait la malle, les jolies feuilles de l'automne, les premiers frimas, plein de jolies choses, plein de choses un peu moins jolies.
Faustin est tombé dans les escaliers. Pas grand chose, juste un peu tapé sur le coccyx. Il a fait un malaise vagal. Et s'est fait un traumatisme crânien.
Mon coeur, que je pensais solide, mon cerveau, que je pensais concret et cartésien, rien ne m'a aidé. Quand l'acquis nous dit de hierarchiser les sentiments pour sauver quelqu'un (ton fils...) et que l'inné bouscule tout et te fait juste hurler et faire des gestes à la limite inconnus, tu sens que là, LA, tu vas perdre pied.
Pourtant ils sont là, les deux plus jeunes, enlacés, pleurant. Tu ne peux pas te laisser aller.
Et le grand, par terre.
Mon coeur s'est arrêté de battre, je l'ai senti, le choc était brutal, je pensais perdre l'un de mes enfants.
En 1 minute, tout s'est figé, le temps s'est suspendu, je ne savais plus, je n'avais aucune solution. J'ai crié. J'ai pleuré. J'ai appuyé sur son thorax pour faire repartir la respiration. Son visage est redevenu rose. J'avais l'impression de le revoir pour la première fois, petit, rouge, chaud, nouveau. C'était à peu près ça. J'ai pensé à ce qui allait se passer. Sa vie plus tard. Peut être un peu ébréchée par cet accident con. Très très con. Sur mon grand fils de 13 ans, avec sa carrure d'adulte.
Tout est rassurant, les examens sont normaux, sans rentrer vraiment dans les détails, il va bien. La peur passée, restent les bleus, qui s'effaceront. La cicatrice qu'il gardera sur le menton. Et le choc post traumatique qui nous empêchera de dormir pendant quelques jours.
Je sais qu'il y a pire dans la vie. Je sais que ma vie est quelconque, que je suis quelconque. Mais dans toute ma normalité quelconque, j'ai eu l'une des plus grosses peurs de ma vie et j'avais besoin d'en parler, parce qu'en parler, c'est s'en détacher un peu.
J'ai de la chance, je le sais, je réalise.
Demain est un autre jour, je parlerai d'autres choses. Demain, je parlerai de la couleur des feuilles de l'automne, parce que ça me fait du bien.

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GToch 19/10/2015 14:46

D'après tes dires, plus de peur que de mal, heureusement. Tu peux reprendre ton souffle ;)
C'est moche mais ça fait parti du package du premier jour où l'on devient Maman.
Bon courage et plein de pensée à Faustin !