Fractale.

Publié le par La Mère Quelconque

Fractale.

La maison est presque silencieuse. Il fait nuit noire. Un seul oiseau piaille dehors, va savoir pourquoi. Je n'arrive pas à dormir, comme souvent ces derniers temps. J'ai coupé court à certaines choses il y a quelques mois et -magie de mon cerveau mal foutu- je suis en train de ressasser, encore et toujours. Je ne me sens pas fautive, je me dis juste qu'à 35 ans, il y a un moment où il faut savoir faire des choix... Et les assumer. C'est fait. J'ai attendu un signe, j'ai attendu de voir si je m'étais trompée. Non. Pas trompée. Ok. Next.
Facile à dire. Mais je suis une sentimentale. Je suis une putain de sentimentale. Je me laisse attendrir. Je me suis toujours laissée attendrir. Le pire, c'est que je me connais! Je suis comme ça, et je n'arrive pas à changer! J'ai beau savoir que c'est très facile de m'utiliser à cause de ce travers, et ben je fonce, comme une niaise, et je me fais avoir.
Je suis naïve. On ne dirait pas comme ça, mais je le suis vraiment. Quand je suis dans un de mes bons moments, je ne vois absolument pas le mal, dans aucune situation! Je suis heureuse d'un rien, je m'émerveille d'une broutille. Une fleur, un oiseau, un caillou (oui, oui, un caillou XD) tout me prêtera à sourire. On me demande mon avis, je dis naturellement ce que je pense, brut de décoffrage, sans arrière pensée. Je parle de l'instinct. Je parle de ce qui fait de moi ce que je suis, je parle de mon coeur qui réfléchit avant ma tête, j'aime faire plaisir, j'aime voir que mes actions sont suivies de sourires et de joie. J'ai toujours acheté des conneries pour mes frères et soeurs à Noël quand j'étais gamine, avec mon argent de poche. Je dis connerie, mais en fait, je passais des heures à choisir L'Objet, juste pour qu'ils soient contents. J'ai toujours acheté une fleur avec une carte, en descendant du bus, pendant des années, pour ma mère quand j'allais la voir le week end. Parce que je voulais juste lui faire plaisir. Je demande après chaque repas si c'était bon. J'attends juste qu'ils me disent que c'était délicieux, même si c'étaient des raviolis. Bref, pour le peu que j'apprécie quelqu'un, j'ai envie de lui faire plaisir. Je n'ai souvent aucun retour. Je ne le fais pas pour le retour, mais secrètement, je me dis que peut être un jour, ils verront quelque chose qui leur fera tilt, et ils se diront 'Tiens, ça ferait plaisir à Amélie ça!' c'est bête hein. C'est niais, mais bon, c'est comme ça. Donc je n'ai pas vraiment de retour. J'ai bien eu de véritables surprises, des petites choses qui m'ont fait plein de bien dans mon petit coeur qui veut tant partager, et c'est vrai que ça atténue la peine de bien souvent ne pas avoir de retour. J'ai tout partagé. Ma façon de voir la vie, ma façon de voir la maternité, ma façon de vivoter sans vraiment me demander de quoi demain sera fait. Un vrai partage. Je n'en ai jamais retiré aucune satisfaction, si ce n'est celle de partager. Je n'aurai jamais eu l'idée d'en récolter des lauriers, puisque c'est juste qui je suis. Mais je me rends compte qu'en fait, sur des fondations qui me sont propres, on a construit une maison. Et cette maison, même si elle est très jolie, ce n'est pas la mienne. Et tout le monde salue cette très jolie maison, fait beaucoup de courbettes devant l'architecte... Mais oublie qui a coulé la dalle qui a donné des fondations si solides. Je suis amère, oui. Je suis d'une naïveté désarmante parfois, j'ai envie de me gifler.
Heureusement qu'il y a tout le reste. Une petite boule de sapin de noël donnée un soir avec un sourire. Une petite carte avec un petit papillon. Une boîte de After Eight. Un gratt gratt dans le dos. Un haïku tout tendre. Deux petits bras qui me serrent et une petite tête qui se niche dans mon cou. Une main qui frôle la mienne. Des petites choses qui me rappellent que j'ai raison. J'ai raison de croire qu'on peut être généreux sans attendre en retour. Que j'ai raison de ne pas être vaniteuse. Je n'ai pas de public, le seul que j'aie vraiment, c'est mon cocon, et il me suffit pour tous les jours... Je partage, parce que j'ai envie. Je ne me sens pas investie d'une mission. Je ne me sens pas supérieure à quiconque. Je suis une nana, comme beaucoup, une mère quelconque, un tout petit point dans cet univers immense. Je suis moi, au milieu du reste. Je dis ce que je pense et tant pis si ça me dessert parfois...
Je continuerai de partager un peu qui je suis, sans jamais vraiment attendre un retour. Le seul retour que j'attends vraiment, je l'ai déjà en fait... Un homme qui me respecte et des enfants qui m'aiment... Je crois que je n'ai pas besoin de plus.
J'étais un peu énervée avant d'écrire ce post, et finalement, je me rends compte que j'ai toutes les raisons du monde d'être qui je suis. Je suis comme ça, et puis voilà.

Publié dans Pensées

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christelle 30/07/2015 07:23

Tu es une personne formidable.....et je suis heureuse de te connaître et de partager avec toi quelques moments et j'espère..... Encore pleins d'autres

La Mère Quelconque 30/07/2015 09:05

Merci Christelle! C'est complètement réciproque