Ma cousette.

Publié le par La Mère Quelconque

Ma cousette.


Je n'aime pas les patrons.

Je n'aime pas les mètres de couturières.

Je n'aime pas quand le fil se tortille dans ma machine et sur mon ouvrage.

Je n'aime pas quand je me pique le doigt.

Je n'aime pas chercher sans trouver.

Je n'aime pas devoir ranger avant de m'y mettre.

Mais quelle satisfaction quand la robe est ajustée, que les boutons sont assortis, que le bandeau lui va bien, que les motifs me font taper dans les mains, que mes coutures sont bien droites, que j'ai choisi le bon fil...
On se fascine d'un rien, non?
Quand je regarde mes fils, quelle fierté de me dire: c'est moi qui ait fait ça... Le nez aquilin de l'un, l'oeil sauvage de l'autre, la bouche pleine du grand, les oreilles en coquillage du second, La fierté est... wahou, comme un ouvrage qui sort de mes mains chaque jour.
J'essaie de les imaginer plus tard, grands et forts, venant me voir avec leur moitié, leurs enfants. J'imagine le second immense et longiligne, blond cendré et sculté. Mon premier plus rondouillard, un peu barbu et les cheveux longs, grande machine à câlins, épaule filiale contre laquelle je pourrai me poser. Leurs métiers. Mon grand dans le droit, mon second ingénieur. Forcément, on imagine le meilleur! Les deux sont des zèbres alors parfois c'est compliqué, mais si on arrive à concentrer les efforts, tout est possible. Tout leur est accessible!
J'ai construit avec plein d'amour ces grands bonhommes qui grandissent et se tourmentent dans l'adolescence. La fierté de l'ouvrage est tellement belle!
Assembler, construire, embellir...

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage...

Boileau avait raison.

Je remets chaque jour mon ouvrage sur la table et j'aime ça!

Publié dans Pensées

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