Lettre ouverte.

Publié le par La Mère Quelconque

Lettre ouverte.

Maman.
La fête des mères approche et je ne sais pas quoi faire. J'ai espéré longtemps avoir une relation privilégiée avec toi, j'ai espéré longtemps que tu m'aimes.
Aujourd'hui, je n'espère plus.
Enfin... Je mens. J'espère toujours un peu. Que tes mensonges ne sont que des façons de ne pas être invisible. Qu'au fond tu nous aimes tous les 5. Qu'au fond, tu m'aimes un peu.
Je n'ai jamais vraiment compris comment une mère peu laisser son enfant. Et lui en vouloir d'en avoir été perturbée. Comment une mère peut insulter son enfant jusqu'à lui faire ressentir ce dégoût que je ressens. Comment une mère peut en arriver à préférer son verre à ses enfants.
Je t'ai cherché des excuses, plein. Ton histoire, ta famille, ta propre 'relation' avec ta mère.
J'ai toujours trouvé une excuse à tes comportements.
Mais je ne comprends plus.
Je me pose la question souvent. Si je la recontacte, saura t elle s'excuser du mal profond qu'elle m'a fait?
Je me suis réveillée tous les matins pendant 2 mois en me disant 'Je ne vaux rien, même ma mère ne m'aime pas...' En plein choc. Un vrai choc post traumatique. Je n'arrivais pas à passer au dessus. Ta main qui se lève et menace, tes yeux qui regardent à côté de mon visage, ton 'Mais c'est toi Amélie! C'est toi!' Oui, c'est ce que tu penses de moi. Que je suis une merde.
Ça me bouffe encore parfois.
J'ai tellement de mal à passer au dessus.
J'ai tout fait, pour que tu m'aimes.
J'ai eu de bonnes notes, mais comme tu te moquais de ces notes, j'en ai eu de moins bonnes.
J'ai eu de mauvaises notes, mais tu me faisais encore plus mal de tes moqueries. J'ai été pénible, gentille, chiante, adorable, corvéable, rugissante. J'ai tout tenté. J'ai eu mon bac: pour toi, je faisais mon interessante. Des cadeaux, des attentions, des fleurs, des poèmes, des cartes. J'ai toujours trouvé du boulot, tu disais que j'en faisais trop, pour énerver les autres. Je voulais te montrer que je réussissais. Pour que tu sois fière de moi. Que tu m'aimes.
Mais rien.
J'ai eu en face de moi un désert. Un sol sec, où rien ne pousse. Ton coeur est une pierre où il n'y a pas de place pour l'amour.
J'ai les boules de faire ce deuil. Ma mère n'est pas morte, mais elle ne m'aime pas.
Je ne te contacterai pas cette année non plus. Tout comme tu n'as pas appelé les enfants pour leurs anniversaires. Tout comme tu ne m'as pas fêté mes 35 ans. Tout comme tu n'es pas venue voir ta petite fille à la maternité. Tout comme... Je n'ai pas de valeur à tes yeux.
Et putain que c'est dur d'avancer avec ce manque d'amour.

Publié dans Pensées

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olina 05/06/2015 20:42

les paroles, cette histoire me boulverse au plus profond ... ma mere enfin celle qui ma mis au monde est un monstre et je me voit dans tes mots... mais nous sommes forte nous avons construit notre famille, nous sommes mere a notre tour et nous aimons plus que tout nos enfants et eux nous aimes aussi et ca cest la plus belle chose qui puisse nous faire avancer ! bisous

La Mère Quelconque 05/06/2015 21:13

Oui, ne pas reproduire et réussir à aimer, malgré tout ;)
Bisous!